Élections municipale des 15 et 22 mars : Qu’avons-nous à en dire à SUD ?

D’abord qu’une organisation syndicale qui défend quotidiennement le service public, les travailleurs qui le rendent et les populations qui doivent ou devraient en bénéficier, est légitime à prendre la parole et s’exprimer sur ce choix citoyen qui engagera la politique locale pour les 7 années à venir (le calendrier électoral a été modifié pour éviter le cumul d’élections en 2032).
Ensuite que ces élections se déroulent dans un contexte politique national et international particulièrement délétère. Toutes les règles qui fondent nos relations collectives sont bafouées. Les projets et les positionnements politiques émancipateurs et progressistes sont renvoyés dos à dos avec les plus violents et réactionnaires comme s’ils se valaient !
Des manifs dénonçant l’effroyable génocide à Gaza sont interdites alors que des défilés néo nazis sont autorisés comme les bras tendus et les slogans suprématistes.
Une minute de silence à l’Assemblée nationale rend hommage à un militant fasciste, alors que tous les autres morts tombés sous les coups des extrémistes de droite sont totalement passés sous silence et relégués volontairement dans l’oubli le plus assassin !
Certaines équipes municipales ont même envisagé sérieusement d’afficher le portrait de ce représentant du néofascisme en France sur les façades des mairies !!
Nous l’affirmons, il n’est pas envisageable de laisser les partis d’extrême droite, de droite extrême et toutes les organisations qui pensent qu’ils sont fréquentables s’emparer de la première porte de notre système politique que constituent les municipalités !
Nous savons pertinemment ce qu’ils font et ce qu’ils feraient. Contrairement à l’adage nous les avons déjà essayés et nous savons ce dont ils sont capables, nous connaissons la violence et la brutalité contenues dans leur projet politique.
Ces élections se déroulent également dans un contexte de crises généralisées. Crise politique, crise démocratique, crise économique, crise écologique, crise sociale ; Au milieu du champ de ruines que nous laissent les capitalistes et tous les partis qui soutiennent ce système mortifère et à bout de souffle, des programmes qui défendent des projets émancipateurs et pour lesquels la liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas des mots vides de sens mais des mots qui doivent s’incarner tous les jours dans les décisions prises par les équipes municipales garantes de l’intérêt commun, nous alertent et nous interpellent en tant que citoyens… Il est urgent et impératif que nous prenions nos responsabilités.
Même aux élections municipales et d’abord aux élections municipales nous devons nous poser les seules questions qui valent :
- Quel monde voulons-nous ?
- Comment voulons nous faire société ?
- Quelles politiques publiques soutenons nous ?
- Comment voulons nous défendre et partager les communs ?
« Au terme de mon parcours, je me rends compte combien rien n’est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment. Il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d’empêcher le pire. »
Germaine Tillion, résistante admise au Panthéon.